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L’Officiel des Transporteurs – N° 2884 du 16 juin 2017
STRATÉGIE

Éric Deloison, responsable d’exploitation (à droite) et Martial Libert, exploitant (à gauche) entourent Yves Sauvage, le gérant de Vitadis.

Les ressources humaines au coeur du transport

En deux décennies, le transporteur samarien, Vitadis, a totalement changé son modèle d’activité.
Son gérant, Yves Sauvage, devrait passer la main dans les prochaines années.

Chez Vitadis, l’homme est au coeur de la stratégie d’entreprise.
On en prend conscience dès l’entrée dans les spacieux bureaux de la zone d’activité « Les Hauts du Val de Nièvre », à Ville-Le-Marclet, dans la Somme.
Chaque salarié dispose d’un bureau amovible, permettant de passer de la position assise à debout par une simple pression.
Dans les camions également, tout est conçu pour améliorer le confort des conducteurs : sièges ergonomiques, boîtes automatiques, radars de distance,
suspensions pneumatiques intégrales, éclairages d’emmarchement, etc. Sans compter les transpalettes électriques pour l’intégralité du parc.
« Je veux que mes salariés soient équipés correctement avant d’avoir des problèmes de santé, résume Yves Sauvage, fondateur de Vitadis.
Nous voulons prévenir plutôt que guérir. »
Le bien-être des salariés demeure une constante dans l’entreprise de transports située à vingt-cinq kilomètres d’Amiens, la capitale picarde.
Évidemment, comme toute société d’une cinquantaine de salariés, elle connaît ses coups de sang, ses conflits, ses affaires prud’homales aussi.
Mais la gestion humaine est un pilier fondamental, symbolisé par un prix décerné par l’ex-Région Picardie en 2010 : celui de la qualité de vie au travail.
Entendez que personne ne doit rester sur le carreau. Un chauffeur qui a un accident de la vie (une mauvaise chute, une longue maladie) n’est pas considéré comme un fardeau à son retour. Au contraire, Yves Sauvage se fait un point d’honneur à lui retrouver un poste en fonction de ses capacités actuelles et à venir. « On trouvera toujours quelque chose : des trajets moins longs, un travail en entrepôt, un passage dans les bureaux…
Mais attention, il ne s’agit pas de mettre un salarié isolé dans un bureau, ça ne sert à rien, ni pour nous, ni pour lui.
Il sera toujours intégré à la stratégie d’entreprise avec les autres. » De fait, se félicite le gérant, il n’y a aujourd’hui quasiment aucun turnover.

UNE ENTREPRISE CRÉÉE DANS LE GRENIER DU GÉRANT
Humanité ne doit pas être dissociée de performance. « Au contraire, quand on est petit, la performance se révèle indispensable. »
Vitadis est une création d’Yves Sauvage. Il y a vingt ans, ce responsable logistique en avait assez d’enchaîner les postes pour différents employeurs.
Il crée alors l’entreprise qui ne le licenciera pas. D’abord dans son grenier, à Flixecourt, à deux pas de ses locaux actuels.
Au début, La Diligence Picarde se spécialise dans le transport urgent avec des véhicules légers. Ses sous-traitants sont des transporteurs locaux.
En 2000, l’entreprise évolue grâce à une association avec Stem-Euro, qui possède quatre poids lourds. Vitadis naît de cette fusion.
Le nom correspond à une déformation de Vitalis, personnage du roman d’Hector Malot, « Sans famille », un film vu par Yves Sauvage la veille du regroupement.
En 2004, suite à la retraite de son associé, il se retrouve seul aux commandes. En deux décennies, l’activité du transporteur a complètement évolué.
« Au fur et à mesure de l’ouverture de l’Europe, des règles, de la situation économique, nous avons été contraints de nous renouveler pour faire face à nos marchés.
Nous avons changé plusieurs fois de métier ». Aux débuts de l’entreprise, 80 % de l’activité concernait le transport urgent par véhicules légers.
En 2017, le marché ayant complètement échappé à Vitadis, ce volet ne représente plus que 5 %.
À l’époque, la société sous-traitait 70 % des activités ; désormais, cette part avoisine seulement les 25 %.
Idem, Vitadis ne possédait pas de semi-remorques. Elles sont en majorité dans le parc aujourd’hui. «Il faut constamment réajuster ».
Cette forte adaptabilité de la société samarienne repose sur un élément essentiel : sa multitude de clients.
1 250 d’entre eux pèsent à hauteur de 50 % dans l’activité, une cinquantaine 30 % et quatre à cinq 20 %.
Cette atomisation permet de ne pas être dépendant et de ne pas subir les contrecoups d’une fermeture ou d’un dépôt de bilan.
Un gros client représente rarement plus d’un pour cent du chiffre d’affaires !
De fait, Vitadis transporte aujourd’hui une grande variété de marchandises générales ou ADR, dans toute la France, voire l’Europe,
pour le compte de transporteurs ou de clients directs opérant dans les domaines de la chimie, la métallurgie, le service, la plasturgie, le verre,
l’industrie pharmaceutique, etc. L’entreprise exploite également des lignes quotidiennes en provenance des Hauts-de-France vers Le Mans/ Alençon,
Chartres, Tours, Nantes, Bourges et Orléans. La souplesse fait partie des fondamentaux : « Vitadis se doit d’être agile, dynamique, performant et positif »,
reprend Yves Sauvage.
L’homme estime que l’entreprise ne doit pas transiger sur les moyens utilisés : « Je veux les meilleurs outils en fonction de nos finances.
Ici, tout est informatisé depuis des années. Nous sommes parfois bien mieux équipés que des transporteurs plus importants.
Et ce que j’applique à la technologie, je le mets en oeuvre également dans la formation et le recrutement. »
Pour progresser encore, Yves Sauvage aimerait néanmoins que certaines règles évoluent.
Notamment celles de Bruxelles, lui qui considère son entreprise comme une société européenne sur le territoire français.
« Il est anormal que nous n’ayons pas les mêmes réglementations, que tous les chauffeurs ne soient pas rémunérés de façon équivalente.
L’Europe doit être respectueuse des conditions de travail des conducteurs de l’Est, ça réglerait les problèmes de tout le monde ».
Revendicatif, le patron l’est également vis-à-vis des affréteurs : « un affréteur devrait avoir lui aussi l’obligation d’exercer le métier de transporteur.
Ainsi, il pourrait mesurer toutes les composantes du prix du transport et comprendre ce mécanisme.
Aujourd’hui, on dit à un transporteur : “vous ne gagnez pas d’argent, vous n’avez qu’à vous rattraper sur l’affrètement “».
Si Yves Sauvage nourrit des récriminations, il est aussi porteur de bonnes nouvelles.
Après une année 2016 consacrée à des investissements importants — 1,6 million d’euros dans le renouvellement d’une grande partie du parc ainsi que dans le déménagement dans de nouveaux bâtiments plus spacieux et sécurisés – les cinq premiers mois de l’année 2017 affichent une croissance de 19 %.
Un chiffre positif dû à une véritable stratégie de développement commercial qui s’est substituée à celle du bouche-à-oreille.
De quoi voir l’avenir en rose ? C’est le souhait de son fondateur. Mais le futur ne s’écrira pas avec lui.
À 54 ans, Yves Sauvage se prépare sereinement à passer la main dans les quatre à cinq ans à venir. Solution interne ou externe en matière de succession ?
L’avenir le dira. Mais, une certitude : ses enfants n’en seront pas. Pour Yves Sauvage, ce sera alors le terme d’une belle aventure,
celle d’un néo-transporteur arrivé dans un monde qu’il ne connaissait pas. « Quand j’étais salarié, j’étais un très bon second,
mais je n’ai jamais pensé à être un chef d’entreprise. Finalement, cela s’est plutôt pas mal passé…
J’ai exercé un travail qui m’a fait grandir ». Comme Vitadis.

• Textes et photos : Nicolas Montard

Repères :
¦ Siège : Ville-Le-Marclet (80)
¦ CA 2016: 4,361 M€
¦ Effectif : 48 salariés dont 30 conducteurs
¦ Parc : 27 moteurs
¦ Activités : Marchandises générales sur palettes, ADR, charges indivisibles

Le nouveau bâtiment de stockage de Vitadis. L’entreprise était dans une zone voisine jusqu’à l’an dernier.

Vitadis possède une flotte de 27 moteurs.

Article paru dans “L’Officiel des Transporteurs” N° 2884 du 16 juin 2017 : Lire l’article